Zone humide du Pré Sarrat

La Zone humide du Pré Sarrat

 

Cette zone est située sur la commune, en contre bas du hameau de Gimel. Elle est composée de 7 petites parcelles appartenant à 6 propriétaires différents, pour une surface totale de 1,6 ha. En 2013 la  Communauté de Communes des Villages du Midi Corrézien (CCVMC) s’est lancée dans un projet d’acquisition de ces parcelles, après avoir consulté les différents partenaires, exploitants de cette zone et propriétaires. Fin 2015, l’achat est fait et la CCVMC peut commencer à aménager et exploiter cette zone.

Dans le cadre du renouvellement de son plan pluriannuel de gestion des milieux aquatiques, la CCVMC s’était fixé des objectifs prioritaires par bassin versant. Sur le bassin versant du Maumont, il s’agissait de la gestion quantitative de l’eau, car au cours des trois dernières décennies, une forte baisse du débit du cours d’eau a été observée. En période d’étiage sévère, certains secteurs s’assèchent totalement et des mortalités de la faune sont observées. Pour atteindre cet objectif la CCVMC a souhaité renforcer le rôle des zones humides par une meilleure gestion, et a repéré cette zone du Pré Sarrat.

Elle se situe en tête de bassin versant d’un affluent du Maumont, lui-même affluent de la Sourdoire, elle-même affluent de la Dordogne. Les étiages sont de plus en plus sévères sur ce bassin du Maumont. Le site présente des conditions écologiques permettant le développement de nombreuses espèces végétales (flore) et animales (faune) qui constituent un habitat naturel à protéger.

Un inventaire a été réalisé pendant l’été 2014, et a recensé différents types de végétations qui  abritent différents types de faune aquatique.

Les végétations flottant librement, comme les lentilles d’eau (Lemma minor) qui couvrent une petite dépression en eau constamment. On trouve en bordure les espères de la prairie aquatique comme la Glycérie (Glyceria gr.fluitants) et le scirpe des marais (Eleocharis palustris). Le maintien de cet habitat est important pour le développement de la faune aquatique comme les amphibiens et les odonates (libellules).

La prairie aquatique : Ce sont essentiellement des graminées comme le Glycérie. Elle se différencie de la prairie humide par une abondance de plantes qui apprécient les sols noyés toute l’année. Citons par exemple le Cresson de Cheval (Veronica beccabunga), le plantain d’eau (Alisma plantago-aquatica), la renoncule flammette (Ranunculus flammula) et le scirpe des marais. On trouve aussi des plantes fleuries comme le lotier des fanges (Lotus pédunculatus) et l’épilobe des marais (Epilobium palustre). La présence du Jonc diffus, en abondance est à surveiller, et ne doit pas devenir trop envahissant.

La prairie humide : Elle se trouve sur des sols humides et relativement riches en nutriments. Elles sont composées à part quasi égale d’espèces de graminées et d’espèces de prairies humides (joncs, renoncules, carex….) La présence du jonc est caractéristique d’un sol argileux, peu acide. Son abondance est révélatrice du fonctionnement hydrologique de la prairie : fortes variations du niveau de la nappe dans le sol et présence d’un sol tassé par le piétinement des bovins. On y trouve, outre les joncs diffus et arqués, la Flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), le Pâturin commun (Poa trivialis), la Houlque laineuse (Holcus Ianatus), L’Agrostis, les renoncules la Cardamine des près (Cardamine pratensis), le Lychnis fleur de coucou (Silène flos-cuculi).

L’Aulnaie à laîche espacée : Cet habitat forestier, que l’on nomme «  ripisyle » est installé en contre bas de la digue de l’étang où il reçoit les eaux de trop plein. Le sol est gorgé d’eau, voire inondé une partie de l’année. Les arbres sont essentiellement des aulnes glutineux (Alnus glutinosa) En dessous pousse la laîche espacée (Carex remota) donnant à cet habitat une grande typicité. Les autres plantes sont la glycérie, la douce-amer (Solanum dulcamara) et le lycope d’Europe (lycopus europaeus). Le niveau d’eau élevé explique la végétation clairsemée plus bas.

Ce type de boisement présente un intérêt élevé puisqu’il est rarement observé dans un aussi bon état de conservation, surtout en basse Corrèze. Il fournit des habitats variés à la faune terrestre et aquatique, ce qui accroit le caractère remarquable du site.

La création de petites mares peut permettre de diversifier le milieu. Un éclaircicement de cette végétation ligneuse permettrait une diversification et une meilleure biodiversité en conservant des zones d’ombre et d’ensoleillement.

La forêt et les fourrés humides : Cet habitat regroupe les autres surfaces boisées du site. On y retrouve des essences naturelles comme le chêne pédonculé (Quercus robur), le charme (Carpinus betulus), le frêne (Fraxinus excelsior), l’érable champêtre (Acer campestre) et de nombreux individus de peupliers cultivars d’un gros diamètre. Les arbustes sont bien développés notamment le saule (Salix acuminata). Les herbacées sont les mêmes que dans la prairie humide auxquelles ont peut rajouter des ronces ( Rubus sp.), la circée de Paris ( Circaea lutetiana), l’alliaire officinale ( Alliaria petiolata), le conopode dénudé ( Conopodium majus).

Des actions de débroussaillage et de bucheronnage sélectif permettront de rouvrir le milieu tout en gardant les grands arbres utiles à la faune.

La faune présente sur le site :

Les insectes, comme le grillon des marais (Pteronemobius heydenii) qui a été entendu dans la prairie humide. Cette espèce est en régression en France. Cinq espèces de libellules ont été observées sur l’étang et dans la zone humide.

Les amphibiens ont une vie aquatique à l’état larvaire (têtard) et aérienne à l’état adulte. Les mares et zones humides sont nécessaires à leur reproduction et au développement des œufs. Le triton palmé (Lisotriton helveticus) a été observé dans la prairie aquatique. Cette espère est le plus commun des tritons dans la région.

Les oiseaux : Parmi les huit espèces observées, on peut signaler la tourterelle des bois dont les effectifs sont en régression en France, et le Loriot d’Europe, bel oiseau jaune appréciant particulièrement les ripisylves et les vieux peupliers.

Les mammifères. Une seule espèce observée sur le site : le ragondin. C’est une espère introduite d’Amérique du Sud qui apprécie particulièrement les eaux stagnantes envahies par la végétation. Il creuse des terriers dans les berges qui peuvent attendre plusieurs mètres de long. De manière générale sa prolifération se fait au détriment des autres espèces animales dans le milieu car il n’a pas de prédateur.

La gestion du site :

Le but est de maintenir et d’améliorer l’état de conservation de la zone humide tout en conservant une gestion pastorale adéquate, augmenter le potentiel d’accueil des populations d’amphibiens et d’insectes aquatiques tout en limitant la progression des joncs.

Une clôture fixe sera installée tout autour du site, ainsi que 2 barrières au nord et au sud. Il est nécessaire d’entretenir et de débroussailler la végétation pour installer cette clôture. Il faut aussi diminuer la couverture arborée, débroussailler deux secteurs sur 500 m² chacun, et réaliser une descente aménagée pour permettre aux bovins d’accéder au ruisseau pour s’abreuver, et réaliser une passerelle pour assurer le franchissement du ruisseau.

Pour augmenter le potentiel d’accueil des populations d’amphibiens et d’insectes aquatiques, il s’agit de creuser plusieurs petites mares. Ces différents travaux se feront en période sèche afin d’éviter au maximum la dégradation des sols trop humides et fragiles.

Conclusion :

La surface est faible, mais la diversité est grande, et l’intérêt pédagogique important. Le plan de gestion prévoit de nombreuses actions de restauration et de travaux. La création de mares permettra de diversifier les conditions écologiques présentes sur le site tout en augmentant l’intérêt pédagogique de la zone humide du Pré Sarrat.